Les hameaux autour du village de Luceram

Une rubrique avec les noms des familles ayant vécu à BEASSE

           Un grand merci à notre regretté Jean Luc RENAUDO , car c'est lui qui a fait ce travail énorme sur les familles de BEASSE.

                                                                                       Habitants De Beasse

Beasse avant

Beasse l'abandonné

   On dit que le hameau de Béasse ou "Biassa" est un ancien refuge de Barbets. Quelques familles (les Ciais, Otto...) vinrent se cacher dans ce vallon perdu à la Révolution française.

   Né spontanément en réaction aux atrocités des troupes françaises, le mouvement des barbets ou barbétisme est un mouvement d'opposition à l’intégration du Comté de Nice à la France révolutionnaire. Apparu en 1793, il va croître au fil des changements imposés par l'occupant. La volonté de déchristianisation du pays, les réquisitions imposées aux populations et l'incorporation forcée des jeunes hommes au sein de l'armée vont alimenter ses forces.
   En 1916 il y a avait encore cinq familles à Béasse et dix-sept enfants allaient à la petite école (construite entre 1902 et 1908). En 1921-1922 il restait trois enfants, elle a fermé.
    Le village vivait en autarcie sur un équilibre qui a été rompu lorsque l'une des familles a quitté le village en 1917.
    La vie communautaire s'organisait autour de diverses activités : élevage de 200 chèvres pour la production de fromage "la caccia" (7 kg / jour) - principal revenu; culture du chanvre (pour la fabrication de draps) que les femmes filaient l'hiver; fabrication de pain à tour de rôle; élevage de deux cochons (l'un étant mangé à Noël, l'autre servant à payer les impôts); ruches et quelques cultures vivrières. On dit aussi que le hameau produisait des prunes Reine-claude qu'il exportait en Angleterre.
    Chaque jour il fallait tirer 40 seaux d'eau du puits. Chaque année le hameau achetait 100 kg de sel blanc et chaque dimanche 1 kg de sucre, 1/4 de café, un kg de vermicelle, pas de tabac. On ne mangeait très peu de viande à part celle du cochon de Noël.
Bien peu de loisirs : coucher 22h00 et lever 2h du matin, parfois des sorties hivernales à Saint Colomban (à 30 minutes de marche) où il y avait un piano bar. Baptistin Ciais (1910-1994) l'un des derniers a être né dans le hameau raconte : "Nous étions comme des dockers, à porter tout sur notre dos. On travaillait plus de quinze heures par jour. C'était de l'esclavage, mais en liberté...".
    Il n'y avait pas de médecin : comme l'affirme Mr. Ciais "Diable, on n'était jamais malades !".
    Quand la route a été construite en 1930, personne n'a voulu ou n'a pensé à désenclaver Béasse. Le hameau en est mort, d'une mort lente mais certaine.
    Il a été habité, squatté à plusieurs reprises et a suscité des passions qui continuent encore aujourd'hui.
Source : interview de Baptistin Ciais dans l'article de Martine Baslé du Dimanche 04 août 1994 (Nice Matin), recherche sur le mouvement des Barbets.
   "Si la présence de groupes de Barbets sur le secteur de Béasse ou St Colomban semble possible, l'installation par contre des familles citées par Baptistin Ciais dans l'article ci-dessus est un peu plus tardive. Philippe Bourg, François Torrin s'installent avec leur famille à Béasse dans les années 1830. Philippe Otto-Bruc de Lantosque était arrivé à la fin de l'année 1823.
    Signalons l'ouvrage Barbets !  de Michel Iafelice aux Editions Serre et Lalin, une BD de Jean-Luc Sauvaigo et Edmond Baudoin, chez Z'Editions.
Le XIXème  et le début du XXème siècle ne verront pas d'autres apports patronymiques exception faite des épouses (Gaglio, Folco, Cereghe, Thaon, Dallo, Fulconis, Maurin, Paschier, Robini) des enfants placés par l'Assistance Publique (Silvia, Pellegrini, Neige, Virebrod, Patrizio, Covileto, Anatra, Aleis, Roustan), des bergers (Bado, Bollard, Lattes, Gnassa, Maurin, Ribuot) ou domestiques (Davitet, Marosi, Bourte, Maurin, Paul, Pons, Grinda, Venturini). Enfin, à partir de septembre 1905 les enseignantes affectées à l'école (Angèle Geoffroy native de Carros sera la première institutrice de Béasse puis Jeanne Roustan).
    Entre 1892 et 1895, la famille Calabrone (Jean et son épouse Joséphine Torrin) s'installe aux Moïssins de Béasse. A la même époque Jean Marie Ciais fonde une famille à La Gabelle. La photo de Jean Marie est visible chez Danielle .. Ferme auberge de La Gabelle entre le col St Roch et Loda ...  une halte obligatoire et une source d'infos!
    Ciais … les Ciais ! Ce sont bien eux qui ont très certainement bâti le hameau. Un recensement daté d'août 1718  fait déjà état de leur présence.
Foyer 1     Pierre Ciais (1637-1719) veuf d'Ubertine SERRE née à Lantosque, Jean Antoine Ciais (1687-1769) époux d'Angèle Gaglio, les enfants d'Antoine Sulpice Ciais (Louis, Pierre et Marie).  Foyer 2     Jean Antoine Ciais (1673-1728) et son épouse Catherine, leurs fils et leurs belles-filles, Jean Baptiste  et Antoinette Gaglio, Joseph et Catherine Dalloni, et les 4 enfants de Jean Antoine: Honoré, Marguerite, Louis et Marie.  Foyer 3     André Ciais (1643-1726) veuf d'Agathe Ciais puis de Françoise DALLONI.  Foyer 4     Jean Pierre Isoard (originaire d'Utelle) et son épouse Victoire Ciais.  Foyer 5     André Brun, son épouse Louise DALLONI et leurs 3 filles (Marie, Marguerite et Françoise).  Foyer 6     Charles André, Joseph et Catherine, enfants de Jean Baptiste Bovis et d'Angèle Ciais.
    Source : Archives départementales des Alpes Maritimes et Archives communales de Lucéram.
    Les Ciais furent les premiers défricheurs, les fondateurs d'un espace de vie et de survie qu'ils occuperont jusqu'au milieu du XXème siècle. Ils furent, je le pense,  les derniers à partir.
    Dans le cimetière de Saint Colomban, le nom de Béasse  est gravé sur  le marbre  (caveau de Victor Ciais), et les cendres de Baptistin, son fils que l'on appelait familièrement « Choa » ont été répandues à proximité de sa maison natale. Que dire de plus de leur attachement au lieu d'une vie, d'une succession de vies ?
    Voilà ma première contribution sur ce blog... il était important de parler des occupants du lieu, de rappeler leur présence palpable encore, de conserver pour mémoire le sens de leur solidarité et ce respect de la terre et de ses propres rythmes.
    Qu'ils demeurent un peu un modèle pour nous qui souhaitons insuffler une vie nouvelle et tenter de redresser les pierres de Béasse."
                              Jean-Luc Renaudo

Saint Laurent de Luceram

Cette ancienne chapelle de St laurent  appartient à un particulier

Le tournet

garibert

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                                      Col de Braus